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PÔLE ROBOTIQUE - UN CONSORTIUM POUR LA CORNOUAILLE

« Dans le domaine de la robotique, la France est en retard par rapport à des pays comme l’Allemagne. À la pointe de Bretagne, il n’y a pas de formation professionnelle organisée. Au Greta, nous avons dû envoyer nos spécialistes à Paris car il n’y avait aucune formation de haut niveau dans l’Ouest ». Pascal Pelleter, proviseur du lycée Thépot de Quimper et directeur du Greta du Finistère (structure de l’Éducation nationale de formation pour adultes), a quelques robots dans ses ateliers pour les formations de technicien en automatisme et informatique industrielle et BTS Maintenance des systèmes. Mais la demande des entreprises en robotique s’accélère et le déficit de proposition sur le territoire pour accompagner cette mutation technologique est patent.

 

Une collaboration inédite

Ce constat a conduit le proviseur de Thépot à réfléchir à un montage original qui associe les autres centres de formation de Cornouaille (IUMM, CLPS, Afpa, Ifria), le Likès, l’IUT, la CCI. « Il s’agit de se rapprocher pour mutualiser les moyens afin de répondre à toute la demande du territoire ». En clair, la réunion de ces acteurs permettra de créer une offre de formation initiale et continue du lycée (bac -3) jusqu’au supérieur (bac +5) pour répondre en besoin de personnel qualifié pour la conception, la conduite, la maintenance des robots.

« Le robot fait parfois peur car il est associé à l’idée de suppression d’emploi, constate Patrick Bolzer, conseiller au Greta. Mais il est aussi facteur de développement et peut aboutir à des emplois. La robotique est aujourd’hui partout, jusque dans la salle de traite de l’éleveur ou la gestion de l’arrosage d’une parcelle. Elle permet de réduire la pénibilité ».

 

Mutualisation pour l’innovation

Il a fallu un an de travail pour arriver à l‘installation, ce jeudi, du Comité d’orientation du pôle. « Car des organismes de formation d’habitude concurrents vont s’associer pour ce pôle d’excellence, souligne Pascal Pelleter. Le matériel sera mutualisé. Chaque organisme de formation qui aura participé sur ses fonds propres recevra une partie de la subvention attendue pour acheter de nouvelles machines ». Pour ses promoteurs, le pôle sera un outil majeur pour l’innovation en Cornouaille, accélérant la dynamique attendue par l’arrivée également cette année du CEA-Tech. Le pôle aura aussi une mission de veille technologique pour les entreprises, avec un espace numérique collaboratif et un accompagnement sur site. Il participera à la transition numérique du territoire qui annonce le développement de l’intelligence artificielle. L’adhésion des entreprises est visible. Vingt-quatre sociétés cornouaillaises étaient représentées ce jeudi à Thépot (*).

 

Premier budget de 700 000 €

Le pôle, qui aura la forme d’un consortium, sera adossé à l’association Campus des métiers et des qualifications basée au lycée Chaptal.

Le budget pour la première année est de 700 000 €, la moitié étant sur fonds propres des centres de formation, l’autre étant attendu des collectivités publiques et notamment de la Région et QBO. « Un grand oral » est prévu par les porteurs de projet début juillet. « Nous sommes en ordre de bataille », souligne Pascal Pelleter.


© Le Télégramme

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